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Bilan du premier mois et une petite réflexion sur " Lire? oui! Mais un stylo à la main! "

January 29, 2018

Au cours de salons d’écriture, j’entends régulièrement des collègues dire « depuis que j’écris, je lis moins mais de façon plus attentive ».

 

Il y aurait donc plusieurs façons de lire ?

 

Je serais tenté de dire « oui. » La littérature « de détente » et la « lecture / étude », celle vulgairement faite pour vous « vider la tête » et l’autre dans laquelle vous recherchez des éléments bien précis pour améliorer votre texte. Mais prenez garde, dès l’instant où vous déciderez d’écrire sérieusement, les deux auront tendance à se télescoper, et ce de manière irréversible !

Personnellement, je m’octroie quotidiennement un temps de lecture. Mais que recherche-je donc lorsque j’ouvre un livre ? Il y a pour moi trois cas de figure.

  1. Soit, je lis un roman pour me détendre.

  2. Soit je lis un roman parce que quelqu’un m’a demandé de lui « corriger ».

  3. Soit je lis un roman parce que je recherche quelque chose de bien précis.

Dans le premier cas, j’essaie de faire abstraction du style et de me laisser porter par l’histoire.

Mais, par déformation professionnelle peut-être, mon œil va inconsciemment repérer certains éléments du texte : structures syntaxiques récurrentes, métaphores originales, vocabulaire inconnu… Bien qu’il s’agisse d’une lecture « de détente », je note malgré moi toutes ces formules et en dresse des listes que je relis régulièrement pour me donner « des idées ». En effet, une image forte deviendra peut-être le de point de départ à un chapitre, un mot servira peut-être de synonyme à une expression que j’utilise trop souvent, un agencement de séquences particulier, par exemple des phrases non verbales, peut me faire penser que je ne les emploie pas assez et que je pourrais les utiliser pour un passage que j’envisage d’écrire.

Mais si j’utilise le talent de mes compères,  je dois confesser que j’ai de plus en plus de difficultés à « rentrer » dans un texte, à cause de cette analyse permanente. Impossible de retrouver cette joie de lire de ma jeunesse où je ne faisais aucun cas de quelques défauts mineurs dus au style et plongeais tête baissée dans l’histoire. Quand je repère quelque chose qui me chiffonne, je vais systématiquement reformuler les phrases dans ma tête pour essayer d’améliorer la tournure. Si j’ai remarqué que l’auteur emploie souvent le verbe « pouvoir » par exemple, mon cerveau va être attentif à la moindre occurrence afin de comprendre si ce n’était que passager ou bien s’il s’agit bel et bien d’un « tic de langage ». Et cela me sort du texte. Voilà pourquoi j’ai parfois du mal à « lire » un texte « en entier ». Les auteurs qui arrivent à m’attirer jusqu’au bout de leur histoire sont ceux auxquels je n’ai rien trouvé à redire ou qui ont su, malgré les tics que j'ai repérés, réussir à me garder en haleine. Le plus frustrant, c’est que je repère mieux les « petits tics langagiers » des autres que les miens, et que j’ai besoin que quelqu’un fasse ce travail sur mes propres textes. Pour Blizzard 2  mon ami Frédéric Ernotte me faisait remarquer une trop grande utilisation de l’adverbe « moindre ». Pour « Blizzard » 3, Etienne Vincent, mon directeur éditorial avait décelé un tic de langage avec l’utilisation abusive du verbe « contracter » ainsi que trop de comparaisons…. Et je passe des dizaines, pour ne pas dire des centaines d’exemples ! D’où l’importance à mes yeux d’être en relation avec des personnes de confiance qui suivent votre texte, et d’avoir un suivi éditorial rigoureux. Mais ceci fera sans nul doute l’objet d’un autre article! 

 

Dans le deuxième cas, l’analyse du texte va être poussée à son paroxysme, puisque c’est ce que recherche la personne qui m’a confié son récit. De la même façon que précédemment, je vais lire de manière attentive la moindre phrase ( purée encore ce satané « moindre » ! ), essayer de traquer la moindre répétition ( oui je sais encore moindre…), la moindre tournure de phrase récurrente ( vous allez me lâcher avec ça, c’est une anaphore ok ? )… Etc…

 

Le troisième cas me semble le plus intéressant. Il arrive en général quand j’ai une recherche très particulière à effectuer. En effet, les romans des autres auteurs sont des réservoirs infinis d’idées et d’aide à la création. Admettons par exemple que vous vouliez décrire un incendie. Votre premier réflexe sera certainement de rechercher sur Internet des conséquences du feu ou de fouiner dans des manuels techniques, comme des rapports policiers, de pompiers, etc… mais il est tout aussi intéressant de lire des romans traitant de ce sujet car cela vous permettra d’observer de quelle manière les auteurs auront abordé ce thème et d’acquérir du nouveau vocabulaire, de nouvelles images, de nouvelles structures syntaxiques, comprendre le ressenti des personnages, etc

Prenons un exemple. Dans mon roman « les guerres madrières », je devais décrire l’attaque d’un château par des créatures « mutantes ». Mon premier réflexe a été de me renseigner dans des ouvrages très techniques de poliorcétique, des traités militaires de stratèges comme Vauban, pour me faire une idée des dimensions des tours, d’utiliser le vocabulaire adapté, ne pas faire d’anachronismes, etc…  mais les lectures qui m’ont été les plus utiles ont sans conteste été celles de récits traitant d’une attaque d’un rempart, qu’il s’agisse d’un roman de fantasy ou même d’un roman historique. Tout simplement car les auteurs avaient déjà vulgarisé ce que j’essayais de vulgariser, qu’ils utilisaient déjà un vocabulaire adapté. Par ailleurs, ces textes possédaient un indéniable plus: des superbes métaphores, des sentiments d’angoisse ou de peur, des structures de phrase précises… Entendons-nous bien, je n’encourage pas le plagiat, je ne préconise pas de recopier des passages entiers ou même des phrases entières, simplement de noter un mot de vocabulaire auquel vous n’auriez pas pensé, une image qui vous parle plus qu’une autre…. Je pense pas que j’aurais pensé à utiliser le terme « glacis » si je n’avais pas lu « Légende » de David Gemmel, je n’aurais jamais pensé à utiliser la formule « cela n’augure rien de bon » si je ne l’avais pas lu dans un livre policier….

N’avez-vous pas voulu commencer à écrire après avoir lu un excellent bouquin ? Vos premiers récits ne sont-ils pas une pale imitation de lectures qui vous ont transporté ?

En résumé, n’ayez pas peur de « voler » un mot à une lecture en lisant un stylo à la main, pour vous donner des idées, pour acquérir du vocabulaire, des techniques stylistiques… En clair, de vous améliorer constamment en comparant votre technique d’écriture à celle de vos confrères et de prendre ou jeter ce qui pourrait servir pour créer votre propre style.

 

BILAN DU PREMIER MOIS:  Un très bon mois d'écriture à tout niveau! 

9600 mots au total soit 3600 de plus que ce que j'avais envisagé à la base et une histoire qui prend forme naturellement. 

Pas mal de recherches effectuées à la BU d'Aix-en-Provence ainsi que des articles trouvés dans des archives en ligne sur Internet. 

La dernière semaine est celle qui me fait prendre conscience que la méthode marche vraiment. J'ai eu l'impression de ne pas " écrire " et d'avoir surtout consacré du temps aux recherches et je me retrouve malgré tout avec 2800 mots écrits dans la semaine avec une qualité que j'estime tout à fait correcte. 

Bref, j'espère que ça va continuer comme ça!

 

 

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